Chemin sur feuille d'être

« Quoi qu'il en soit je n'ai jamais cherché d'explication, j'aime cette étrange patrie à l'envers des feuilles d'arbres »

« Je ne suis pas l'humanité des feuilles, je suis son double »

Marcelin Pleynet, Paysages en deux, aux Édition du Seuil, Paris

 

Nous avons, accompagné des participants au projet, ramassé des feuilles d'arbre ici et là .

Chaque feuille est la trace du lieu où elle a été ramassée, chaque feuille est un morceau de paysage.

Sur ces feuilles nous avons gravé, tatoué à l'aide d'un laser des visages.

Chaque feuille est à la fois portrait et paysage.

La découpe laser est une technique numérique extrêmement précise normalement utilisée pour le travail en série. Sa constance est mis à mal par l’irrégularité du support. Chaque feuille d'arbre, matière singulière et vivante provoque des résultats toujours différents. Accidents, brûlures et hasard participent aux portraits.

Parfois un seul portrait est gravé sur une feuille unique, parfois sur plusieurs feuilles juxtaposées. Les portraits sont alors fragmentés par la forme de chaque feuille, ils sont comme camouflés dans la matière végétal.

 

Cette technique nous a été inspirée par une série de feuilles piquetées conservées à l'Historial.

Ces objets datant de la Grande Guerre nous ont beaucoup impressionné. Ils semblent avoir été soustraits à l'instabilité du temps historique.

 

Les nervures des feuilles évoquent des réseaux veineux, des cartes géographiques. Les surfaces ajourées sont à la fois planes et profondes, organiques et architecturales, calmes et violentes.